►► Interview Mustapha Abbassi
 

 

Question : Quels sont les atouts et les faiblesses de l’actuel conseil municipale en comparaison avec les conseils précédents ?
Abbassi Mustapha : je pense qu’il faut plutôt parler des atouts qui peuvent constituer un catalyseur de redémarrage et récupérations du temps perdu, parce qu’enfin de compte, les faiblesses et les problèmes existent partout et existeront toujours ; soyons optimistes et réalistes et disons que ces atouts, nous les mettons sur le compte du président du conseil municipal qui, soulignons-le, est un ministre. Un ministre, ce n’est pas rien !!Il peut faire et faire beaucoup de chose vu son statut, sa position, son autorité, ses relations et ses compétences en tant que cadre expérimentés dans l’administration.

Ajoutons à cet atout, celui des membres du conseil qui, il faut le reconnaître aussi, sont des cadres, des professionnels, des gens qui connaissent les vrais problèmes d'El Ksiba et  ses besoins. Ils sont jeunes et décidés d’agir dans ce sens…

Le conseil travaille certes dans un contexte difficile et contraignant ; il  a connu le long de la vie des précédents conseils un ensemble de cumuls en termes de problèmes, de conflits et de dettes. Le conseil actuel est appelé, et c’est une tache pratiquement difficile, à faire beaucoup de choses en même temps : souder les failles et reconstruire de nouveau.

Question : Pouvez vous classer par ordre de priorité les problèmes qui sont à l’origine du sous développement d'El Ksiba en précisant l’acteur ou le domaine?.
Abbassi Mustapha : A mon avis, je pense que c’est d’abord une question de mentalités des Ksbaouis, des moyens disponibles, de coordination, et de stratégie de travail. C’est un processus à mettre en place et qui nécessite du temps et des efforts de tout un chacun.

Question : Pour sortir de l’impasse, à votre avis, par quoi faut-il commencer ? Quelle action ? Quelle stratégie ? Quel domaine ? Quel secteur ?
Abbassi Mustapha : Il faut commencer par une étape de préparation qui consiste à sensibiliser la population en mettant en place une forme ou une  structure simple d’information et de sensibilisation ; c’est aux membres du conseil de penser aux modalités de réalisation.

Ensuite, s’entendre sur les grandes lignes de travail en terme de consensus en impliquant tout le monde. Commencer par les choses simples et qui ne nécessitent pas beaucoup d’investissement.
L’étape suivante c’est la mise en place d’une stratégie de travail qui précise les moyens , les acteurs, les secteurs, les partenaires, les taches et les échéances, mais à communiquer à la population.

Je pense déjà à l’infrastructure comme premier chantier : les rues et les routes, la propreté, les égouts, Taghbalout, les espaces verts, les terrains de sport,  les services, l’élécrtification…et j’en passe. D’ailleurs il y a des programmes décidés par le conseil que la population ignore…

Question : Pensez vous que les ONG peuvent participer au développement de la ville ? De quelle manière ?
Abbassi Mustapha : Certainement les ONG ont leurs mots à dire, leurs contributions est indéniables et restent d’un apport incontestable dans le développement de la ville ; d’ailleurs partout dans le monde, les ONG oeuvrent dans ce sens et travaillent en collaboration avec les conseils municipaux. Il faut bien sur que tout le monde travail en collaboration et non séparément, c’est à dire conjuguer les efforts, les échanges et  pourquoi pas, comme exemple, organiser une journée des associations de Ksiba comme cela a été fait il y a quelques années à Taghbalout et inviter des associations (nationales et internationales). On peut penser aussi à un réseau à travers Internet de toutes les associations d'El Ksiba ici et ailleurs.

Une autre  proposition : organiser des compagnes de propreté, d’embellissement, de nettoyage…des différents quartiers initiées par nos associations et par nos jeunes et dynamiques kasbaouis. D’ailleurs chaque quartier ou presque a son association. Les bonnes intentions et les bonnes volontés ne manquent pas.

Une dernière proposition : continuer le processus d’alphabétisation de la population et surtout des femmes. Il faut la faire participer, la sensibiliser, l’informer et la former, car, beaucoup de problèmes peuvent être réglés à travers la femme Kasbaouie : la santé des enfants, le gaspillage de l’eau, les déchets domestiques,  l’éducation des enfants, les (MST) maladies sexuellement transmissibles … tout cela c’est en grande partie, revient aux associations.

Question : Comment voyez-vous l’avenir de la ville ?
Abbassi Mustapha : Nous avons tout ce qu’il faut : Un emplacement géographique favorable, des ressources en eau, des forêts, des montagnes, de la faune et de la flore, de l’aire pure, un site touristique (camping Tagbalout) qui peut devenir l’un des plus beau et des plus visité au Maroc pour ses beaux paysages. Nous avons une histoire (ne chante-t-on pas encore « fine yamek a lksiba ! » ? Et pour finir nous avons un ministre à la tête du conseil municipal ! Il suffit de faire un petit calcul (combien de ministres au sein du gouvernement et combien de conseils municipaux à travers le royaume?) pour en savoir l’importance et dire que c’est une chance pour nous, et donc pour être en droit de dire que c’est une occasion à ne pas rater. Nous avons de la volonté, nous savons ce dont nous avons besoins, nous avons des jeunes responsables… que voulez-vous donc d’autre ?

Je voudrais à la fin, m’adresser à tous les natifs et à tous les habitants de Ksiba et les inviter à croire en l’avenir de notre ville. Je pense aussi, que tout le monde souhaite être au courant de ce qui se passe à Ksiba, c’est au conseil municipal de nous informer de son programme de travail, des comptes rendus des sessions, des contactes et des partenariats qu’il entreprend et tout cela par des bilans mensuels ou trimestriels à mettre à la disposition des intéressés et de la population de Ksiba, soit par l’affichage, soit par Internet.

Les élus sont aussi appelés à se faire connaître : leurs actions, leurs programmes, leurs propositions,…
Et que tout le monde participe à la vie du site et pour terminer je remercie M. Hassan El Omari pour les efforts qu’il ne cesse d’entreprendre pour le bien de Ksiba et des jeunes de Ksiba. Bonne chance et bon courage !

 

Abbassi Mustapha - Professeur Formateur
Concepteur pédagogique et médiatique au projet pilote TVI
Ministère de l'Education et de la jeunesse - Maroc

 

 

 
 
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