►► Interview Ahmed Abdedine
 

 

Question : Quels sont les atouts et les faiblesses de l’actuel conseil municipale en comparaison avec les conseils précédents ?
Abbassi Mustapha : je pense qu’il faut plutôt parler des atouts qui peuvent constituer un catalyseur de redémarrage et récupérations du temps perdu, parce qu’enfin de compte, les faiblesses et les problèmes existent partout et existeront toujours ; soyons optimistes et réalistes et disons que ces atouts, nous les mettons sur le compte du président du conseil municipal qui, soulignons-le, est un ministre. Un ministre, ce n’est pas rien !!Il peut faire et faire beaucoup de chose vu son statut, sa position, son autorité, ses relations et ses compétences en tant que cadre expérimentés dans l’administration.

Question : Bonjour Professeur Abdedine Ahmed ; beaucoup de gens vous connaissent mais les dernières générations ne vous connaissent pas ; voudriez-vous vous présenter?
Ahmed Abdedine : D’abord permettez moi de vous remercier  ainsi que tous ceux qui veillent au renforcement des moyens de communication entre tous les Kasbaouis en utilisant les dernières technologies de l’information et de communication (TIC)  ce qui supprime la notion de distance entre les individus en les rapprochant tout au moins sur le virtuel et leur permettant d’être plus disponibles, de là où ils sont, à réfléchir à l’avenir de notre très chère et belle ville EL KSIBA. Je voudrai, par là, féliciter notre ami Hassan EL OMARI pour sa tache noble et lui souhaiter une bonne continuation tout en soulignant que l’avenir d’El ksiba reste une affaire de tous.
Originaire de Beni mellal, natif de la ville de Zaouit Echeikh mais résidant à El Ksiba depuis 1963, je me considère un Kasbaoui jusqu’à la moelle et j’en suis très fière.

Question : Votre parcours scolaire et universitaire?
Ahmed Abdedine : Je ne voudrai pas trop parler de moi-même mais je peux dire que ce parcours était purement kasbaoui malgré le changement permanent des lieux : le primaire et le collège à El ksiba, le lycée à Béni mellal ou nous avions passé trois ans en tant qu’internes à majorité originaires d’El ksiba (surnommés à l’époque « Zintires »). Après le baccalauréat, j’ai suivi mes études en médecine dentaire à casablanca, là aussi nous vivions à la cité universitaire en communauté kasbaouis. Par cette occasion je salue chaleureusement mes très chers amis LAHJOU Youssef et RAFEÏ Abderrahmane que je n’ai pas vus il y a presque quinze ans. En 1988 j’ai opté pour la carrière hospitalo-universitaire en tant qu’enseignant en médecine dentaire. Actuellement, je suis professeur de l’enseignement supérieur et je dirige le département de prothèse à la faculté de médecine dentaire de Rabat en tant que chef de département, et le service hospitalier de prothèse au Centre Hospitalier Universitaire IBN SINA, en tant que chef de service.

Question : Que retenez-vous encore du bon vieux temps d’El Ksiba ?
Ahmed Abdedine : Beaucoup de beaux souvenirs dont je ne citerai que ceux qui pourraient nous être utiles pour penser avenir de notre ville :
D’abord, la belle nature au sein de la ville elle-même où on ne voyait que des espaces verts (jardins de fruitiers…) et qui ont disparus aujourd’hui  pour laisser la place aux différentes sortes de bâtiments dépourvus de toute harmonie extérieure qui aurait pu caractériser l’aspect architectural de notre ville. Je citerai aussi l’ambiance qui régnait au milieu des jeunes qui avaient leur temps partagé entre le sport, le culturel,  les visites mutuelles ainsi les randonnées à la recherche des beaux paysages d’une beauté rare au  Maroc (Afella nifrane- Izra, Sidi abdelali « triq jdida » à l’époque, sarif, le quartier administratif dont les forets de pins servaient de sites de relaxation des jeunes après un match de foot ou de basket au terrain « tinis » au voisinage de BA NHILI, sans oublier Taghbalout et tous les espaces verts qui l’entourent et qui constituent un site touristique de grande envergure ; à ne citer que la vallée de bouizerfane dont la vue panoramique des grandes falaises nous ferait croire être en amérique du nord (je parle nature !!!!) ; et que beaucoup de jeunes actuellement n’ont jamais visitée. Qui ne se rappelle pas de l’ambiance de « dar chabab » la maison des jeune où on était partagés entre les matchs de ping pong, le jeu des échecs , le dessin, la lecture des quelques revues qui étaient disponibles, le cinéclub sans oublier les mini tournois de basket ball au fond de la piscine locale ; pour dire qu’on n’avait pas besoin de gros moyens pour diversifier nos activités du jour sans oublier BIEN SUR les études. Bref, dar chabab était un lieu de rencontres entre les jeunes de tout âge et d’échange des idées, chose faite aujourd’hui en virtuel sur le web  sans ce contact inter humain. Et la liste est longue. Ma grande question qui devra être discutée en forum ou autre voire même en présentiel  sous forme tables rondes ou colloques c’est :
 « Qu’en est-il  aujourd’hui pour les jeunes kasbaouis ? ». Je dirai qu’il ne suffit pas  de s’occuper seulement de l’amélioration des infra-structures qui sont nécessaires pour le développement  de notre ville mais aussi les mettre au service de l’encadrement et l’orientation de notre jeunesse qui vit actuellement beaucoup de problèmes .

Question : Notre ville connaît actuellement une mutation sur plusieurs plan ; par exemple au niveau de l’actuel conseil municipal ; quelle est votre première impression ?
Ahmed Abdedine :Parler de mutation, ça peut être aussi bien dans le sens positif que négatif, mais puisque vous citez l’exemple de l’actuel conseil  municipal, je pense que c’est un début de changement dans la notion de responsabilité : faire primer l’intérêt publique sur le ou les intérêt(s) personnel(s). Ça c’est positif mais ne peut être confirmé que si cela constitue le souci de tout le monde. Il ne faut pas compter uniquement sur le fait que notre président est ministre en restant passifs et jouer le rôle des spectateurs qui savent plus critiquer le plus souvent qu’approuver. Je pense que Monsieur le ministre, qui a bien montré la volonté de vouloir changer la manière de gérer les affaires publiques d’El ksiba, a besoin d’une petite équipe, représentée par les membres du conseil, dotée de beaucoup de volonté pour le changement des habitudes (véritable chantier de réforme) et ayant le souci de vouloir embarquer notre ville sur le chemin du progrès. Il aura besoin aussi de l’appui d’une société civile unie, dynamique et disponible pour le bien de la ville et du citoyen kasbaoui.

Question : Est-ce que les habitants d’Elksiba sont en mesure de prétendre qu’ils ont un conseil municipal qui peut apporter quelque chose de nouveau à la ville ?
Ahmed Abdedine : Oui, si le conseil et je dis bien tout le conseil, assume la lourde responsabilité que les citoyens kasbaouis leur confient  et aussi si la société civile se met du même côté  de ce conseil afin de consolider les rangs et amplifier les efforts en mettant l’intérêt publique au dessus de toute considération. Et là, on parlera ensemble d’autocritique et d’évaluation de toute action entreprise.

Question : Quels sont les points de force et les points de faiblesse du conseil ?
Ahmed Abdedine : Je résumerai l’ensemble des points faible dans la lourdeur des taches que devra confronter notre conseil municipal pour combler le vide laissé par les anciens conseils ; ce qui nécessite une stratégie globale prenant en considérations les richesses de la municipalité ainsi que ses défaillances ; une stratégie à court moyen et long termes sans pour autant se soucier de la fin du mandat  en cours – citoyenneté exige-
Quant aux points forts,  je les résumerai dans la prise de conscience  de tous qu’il est plus urgent que jamais de redonner à cette ville l’image qu’elle a toujours mérité (cf. anciennes cartes-guides internationales) ; sa vraie image de perle de l’atlas.

Question : A votre avis quels sont les actions prioritaires à mener pour sortir de la situation actuelle ; quelles stratégies ? par quels domaine ou quel secteur commencer ?
Ahmed Abdedine : Dans le cadre d’une stratégie globale, il y a beaucoup d’actions à caractère purement social concernant les domaines de l’enseignement, l’environnement , la santé … et qui demandent des financements colossaux sans un effet de retour en matière de recettes . Il y a aussi les actions qui sont financièrement rentables et concernent les richesses forestières  et surtout le tourisme qui peut être la grande porte vers le développement de toute la région pas uniquement celui de la ville d’El ksiba. Quand je parle du tourisme, je ne parle pas bien évidemment des vendeurs de sandwichs au bord de la piscine ou ceux qui se sont installés à la place des regrettés chalets ( sous prétexte de nourrir les quelques familles concernées) , mais je parle des grand projets touristiques nationaux ou internationaux .

Question : C’est vrai que le conseil municipal a une certaine responsabilité, les habitants aussi ; mais ne pouvez-vous pas dire que  les intellectuels de la ville là où ils se trouvent, ont leur  part de responsabilité pour la bonne raison qu’ils n’adhèrent pas directement par des visites ponctuelles ou des actions sociales ou politiques ?
Ahmed Abdedine : Effectivement, la responsabilité est partagée et je pense qu’il y a beaucoup de potentialités au sein de notre société civile ou partisane qui peuvent apporter beaucoup à leur ville El ksiba. Cela nécessitera une large sensibilisation de tout le monde. Et je pense qu’avec les nouvelles techniques de l’information (Web en particulier) cette tache sera  plus facile. Je voudrai aussi féliciter tous les fondateurs de l’ADPEK  et tous ceux qui y  oeuvrent pour leur courage et volonté.. Bravo !!

Question : Votre dernier mot, aux visiteurs du site « elksiba.com » et aux habitants d’Elksib?
Ahmed Abdedine : C’est un moyen de communication et d’information que tous les kasbaouis doivent utiliser pour émettre leurs points de vue toujours bénéfiques en dehors de toute notion de distance et de manque de disponibilité.  Un clin d’œil et Bravo !! pour Hassan EL OMARI pour tous ses efforts indéniables.

Question : Si vous aviez à faire une suggestion au président du conseil municipal que lui diriez-vous ?
Ahmed Abdedine : - Oui, pour votre rigueur Monsieur le Ministre;
- Plus d’informations sur vos actions achevées, en cours de réalisation ou en projets ;( sur le web par exemple)
- Une bonne prise en charge du grand Projet-TAGHBALOUT ; Espoir de tout kasbaoui
(Taghbalout fi âarkoum  Monsieur le Ministre..).

 

 Ahmed Abdedine - Professeur Universitaire
 Faculte de Medecine dentaire - Rabat

                                                                                                                  Propos recueillis par : ABBASSI Mustapha

 

 

 
 
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