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Aujourd’hui, Un
témoignage inédit, des propos provocateurs,
un parcours différent, une chance en or, une
occasion à saisir par les cheveux, une vie
dure, une position marginale, un projet
difficile mais réalisable, un temps révolu
…Voilà des points de vue différents et
parfois opposés. Ces avis trouvent leurs
justifications dans les références
culturelles et les statuts
socioprofessionnels des uns et des autres.
L’interview du mois que
M. Bassou Benyoucef a bien voulu nous
accorder et que nous proposons à nos chers
lecteurs /visiteurs du site « elksiba.com »,
résidents marocains à l’étranger ou au
Maroc, traite un thème classique certes,
mais riche et complexe. Nous sommes tous
appelés à adhérer, à participer, à travers
ce témoignage, au débat sur l’immigration. A
vous de réagir…
Question : M. Bassou Benyoussef, vous
travaillez en France ; vous passez votre
congé à Ksiba comme tous les résidents
marocains à l’étranger, mais rares ceux qui
savent ce que vous faites, ce que vous êtes.
Voulez-vous nous nous en parler ?
Réponse :
Témoigner de mon parcours ne peut pas se
résumer à ce que je fais actuellement, sauf
à choisir de passer sous silence toute une
période de ma vie d’adulte, en total
décalage avec mes dernières activités
professionnelles.
Mon témoignage peut
ressembler aux histoires des autres
compatriotes, dans la mesure où il renvoie,
nécessairement de façon singulière, à
l’histoire de l’immigration, et d’une
génération attirée, comme c’est toujours le
cas malheureusement, par l’eldorado Européen
et Français en particulier.
Arrivé en France sans
contrat de travail, j’ai dû travailler « au
noir » pendant une année avant de pouvoir
régulariser ma situation.
Vivre clandestinement à
l’époque présente beaucoup de similitudes
avec ce que vivent beaucoup de jeunes
actuellement. Il s’agit souvent d’une
situation chargée de désespoir, de détresse,
de souffrance qu’on a du mal à partager avec
les autres.
Avec un contrat de
travail, et un passage par l’office
d’immigration j’ai occupé des postes
déclarés comme ouvrier, dans des usines et
en agriculture.
Cette première expérience m’a par la suite
donné envie de viser autre chose, d’explorer
d’autres possibilités, de progresser.
J’étais jeune, sans aucune obligation de
famille, et donc libre d’entreprendre, voire
de prendre quelques risques. Dans mon
cas j’avais tout à gagner.
Il est vrai qu’un des éléments déclenchant
fut le groupe de jeunes français que je
fréquentais. Tous avaient entrepris des
études, ou avaient des postes à
responsabilités, et moi, l’éternel ouvrier
de service, « caution » idéale pour des âmes
charitables, je commençais petit à petit à
prendre conscience de ma situation et à
aspirer à un petit mieux….
Mon rêve à l’époque : devenir électricien
(préparer un CAP, en formation pour
adultes).
Rêve qui s’est avéré impossible à réaliser
pour des raisons multiples. Pas de formation
de base suffisante, et surtout difficulté à
faire face aux exigences et tests inadaptés
proposés par les organismes spécialisés,
pour accéder à ce type de formation.
En dépit de toutes ces démarches sans
succès, et avec une bonne dose de volonté
j’ai fini par trouver un organisme de
formation qui a bien voulu m’accepter pour
une mise à niveau scolaire, préalable à tout
projet de qualification.
Les responsables de ce
centre de formation, auxquels je serai
toujours reconnaissant, avaient osé, en
m’ouvrant leur porte, faire le pari et
prendre des risques avec un jeune Marocain,
sans formation de base, ni statut
administratif adéquat pour s’engager dans un
tel cursus.
Bref, dans un environnement il est vrai très
favorable, il fallu préparer le niveau BAC
en 6 mois à plein temps. Une gageure ? oui
mais a posteriori seulement.
Cette première marche, la plus difficile à
atteindre, a été déterminante pour la suite.
J’ai continué à rêver, à oser et à provoquer
la chance…
Ainsi j’ai pu bénéficier, par la suite,
d’une formation de technicien agricole,
suivi d’un BTS agro alimentaire, avant de
s’orienter vers une maîtrise de sociologie,
un DESS de psychologue du travail…Toutes ses
formations se sont déroulées en cours
d’emploi.
Pendant toute cette période il a fallut
concilier travail « pour vivre », et études
pour progresser. Ce qui n’est pas gagné
d’avance eu égard à tous les handicaps du
départ.
Question : Vous êtes directeur ; être
à la tête d’un cabinet n’est pas à la portée
de tout le monde, encore moins pour un
marocain ; est ce que c’est le fruit des
études, des efforts personnels, du hasard,
de la planification… ?
Réponse :
Je suis directeur d’un cabinet de
consultants / centre de bilans et de
formation. Cabinet dénommé ASMOUNE ( le nom
du cabinet a été choisi en clin d’oeil à mes
origines Amazigh).
Il a fallut travailler, sans doute, plus que
ceux qui ont suivi des cursus universitaires
normaux, plus que les collègues
français…compenser les handicapes liés à mon
premier statut de migrant économique.
Mais il faut peut être croire un peu au
hasard, à la chance, en tout cas les
provoquer.
La seule chose qui a été « planifiée » c’est
le mythe du retour. En s’inscrivant dans
cette démarche, comme tous les compatriotes
de mon âge, nous ne pensions qu’à une chose
: le retour au pays, un jour ou l’autre…
Mais pendant que certains amis
investissaient dans les terrains et /ou la
construction au Maroc, moi j’avais fait le
choix d’un autre type investissement,
immatériel, un investissement sur du moyen
et long terme.
C’est un choix que certains amis, omnibulés,
à l’époque, par le prix du sable et du
ciment avaient du mal à comprendre.
Nous n’avions pas toujours les mêmes
préoccupations. Parfois même on me
reprochait ma position un peu marginale,
anormale presque : qu’est-ce que tu attends
pour construire comme tout le monde, une ou
plusieurs maisons….
Alors que moi j’étais
animé par le mythe du retour et l’envie de
prouver que nous sommes, nous aussi capables
de quelques choses.
J’allais oublier un des
points, pour ne pas dire un des moteurs
essentiels, dans ma quête de progression,
d’évolution, c’est sans aucun doute mon
engagement associatif.
Quelle belle école !
Question : Vous gérez vos affaires en
France, mais nous savons que votre cœur est
avec ksiba et les kasbaoui surtout que vos
visites sont fréquentes et régulières.
Pourquoi cet attachement ?
Réponse : C’est une relation
d’amour impossible à décrire de façon très
rationnelle.
Je suis né et j’ai grandi jusqu’à l’âge de
19 ans à Ksiba. Et même si depuis j’ai vécu
33 ans en France, mes racines sont toujours
au Maroc. Bien sure j’ai d’autres attaches,
très fortes en France, ma famille, mes
enfants.
Mais plus le temps passe
plus je prend conscience, en ce qui me
concerne, de mon besoin des attaches de
là-bas et d’ici pour exister, en dehors de
toutes les considérations de temps et
d’espaces.
J’ai la double nationalité, sans doute, à
force, une double culture….les racines on ne
peut les avoir en double.
Je suis incapable de
passer une année sans venir me ressourcer
auprès de la famille, des amis, dans cet
environnement chargé d’histoires et de
culture…
Question : Vous gardez des images
d’enfance, des souvenirs. Voulez-vous nous
dresser un tableau comme exemple d’un
paysage, d’un lieu, d’une situation… qui
n’existe plus aujourd’hui à Ksiba et que
vous gardez en mémoire.
Réponse :
Mes plus beaux souvenir, avec le recul,
c’est celui de mon statut de l’époque, celui
de fils de paysan pratiquant la polyculture.
Il me fallait tenter de
concilier la scolarité, le travail dans les
champs …et les exigences d’un élevage.
De mon adolescence je garde beaucoup de
souvenirs très difficiles à hiérarchiser.
J’ai gardé les vaches
autour de Ksiba, et j’ai donc eu à explorer
toutes les collines et tous les espaces dans
un rayon de 10 Km.
De tous ces espaces, je
garde encore, sauvegardées à jamais, des
images, des odeurs irremplaçables et
indescriptibles.
J’ai vendu le lait et les
fruits et légumes tous les jours, pendants
tous les étés à Taghbaloute.
Je devais transporter, sur mon dos, 20 à 30
litres et les livrer par litre ou plus,
devant les chalets, avant le réveil des
résidents.
Livrer ces marchandises dans un lieu si
calme, si magique (propreté, organisation,
respect…) me faisait oublier la pénibilité
de la tâche.
Vous imaginez mon
désespoir actuellement à chaque fois que
j’arrive dans ce lieu. Car malgré tout j’y
passe tous mes étés, avec l’espoir qu’un
jour !!!!
Les souvenirs se rattachent à la fois à des
lieux ( akka, afella nifrane, tizi, sarif…taghbaloute,
bien sûre ) mais aussi et surtout à des
amis, des voisins des cousins…qu’on ne peut
pas citer, sans en oublier.
Quel bonheur chaque été de croiser les
habitués des vacances d’été, mais aussi ceux
qu’on revoit pour la première fois depuis 5,
10 voir 15 ans.
Question : Vous êtes très actif dans
le domaine de la vie associative ; vous avez
participé à plusieurs projets dans ce sens ;
voulez-vous nous en parler ?
Réponse :
Même si je n’ai pas eu de « culture
politique » dans mon jeune âge j’ai toujours
eu des engagements associatifs en France.
Au Maroc les choses ne
sont pas simples, pour des raisons qui nous
échappent. On peut supposer que le temps des
vacances n’est pas suffisant, que les
approches, les pratiques peuvent être
différentes, que les contextes….
Dans tous les cas on
assiste à un décalage qui ne facilite pas
l’engagement des migrants dans des actions
qui les concernent de prés ou de loin.
Il est vrai, par exemple,
que mon expérience dans le domaine de la
formation et de l’insertion des handicapés
n’a jamais trouvé d’écho au Maroc. Et ce
n’est pas faute d’avoir pris des contacts,
tenter d’initier des choses, à El Ksiba, à
Rabat ou ailleurs.
Ceci étant je ne
désespère pas d’arriver, en tant que citoyen
des deux rives à apporter une contribution
dans des domaines ou j’ai un peu
d’expertise.
J’ai participé à quelques
actions avec des associations de Ksiba
(matériels pour les handicapés, réflexions
pour la mise en place de projets
éducatifs…). Actuellement j’essai d’apporter
une petite contribution à des projets comme
ceux que développent l’association l’ADPEK.
Ma très modeste
participation peut se situer au niveau des
mises en relation, pour la recherche de
fonds pour mettre en place le projet de
développement durable proposé par
l’association.
Question : Qu’en est-il
des écoles ou classes intégrées ?
Réponse :
En ce qui concerne les classes intégrées,
j’ai l’impression que « l’immobilisme
administratif » bloque toute initiative.
Parfois il nous arrive de démissionner et
d’abandonner toute idée de vouloir
contribuer. Les autorités compétentes au
Maroc, en tout cas dans ce domaine ne
croient sans doute pas aux compétences des
marocains qui travaillent en France, entre
autre, et qui peuvent apporter une véritable
connaissance et expertise dans ce domaine.
Mais il y’a encore, sans
doute pour des raisons financières, ce
réflexe du Blanc plus compétent….
Plusieurs marocains occupent de plus en plus
des postes à responsabilités en France. Ils
ont la maîtrise de leur domaine. Ils forment
des européens dans différentes
disciplines…Et ils sont, pour bon nombre,
disposés à apporter un appui, voir s’engager
sur des actions qui relèvent de leurs champs
de compétences.
Pour ce qui est du champs
du handicap par exemple (Classes intégrées
et autres dispositifs…je peut servir de lien
et jouer un rôle de coordination, à une
seule condition : avoir à Ksiba une
structure support, des bonnes volontés…
Question : Est-ce que vous partagez
l’idée selon laquelle les cadres originaires
de Ksiba ne s’impliquent vraiment pas tous
dans les activités associatives, qu’ils ne
se manifestent que lorsqu’il s’agit de se
présenter aux élections ou encore pour se
voir figurer sur une liste d’un comité,
d’une association …
Réponse :
C’est l’idée qui se dégage. Mais c’est aussi
une caricature. En tout cas je suis mal
placé pour juger d’un phénomène aussi
délicat que celui de l’engagement politique
au sens noble du terme.
On a l’impression que
personne ne croit plus à rien. On vous prend
pour un fou dés qu’on parle de motivation
pour un projet, de volonté de s’engager.
Il y’a un profond
malaise. Que nous avons du mal à comprendre
de l’ « extérieur ». La situation de Ksiba
actuellement ne peut pas s’expliquer
uniquement par un manque de moyens (humains
et financiers).
Combien de cadres
brillants sont sortis de ce village ? et
pauvre village, sans aucun « retour sur
investissement ». Quel gâchis !
Question : Imaginez que tous les
cadres de Ksiba se mettent autour d’une
table pour décider de monter un projet pour
notre ville; quel serait d’après vous ce
type de projet tout en sachant qu’il traduit
les caractéristiques suivantes ? :
- Un projet faisant objet d’unanimité,
- un projet utile et rentable,
- un projet réalisable.
Réponse : Le problème c’est de
commencer quelques choses. Et la question
principale c’est celle de la prise
d’initiative et d’un engagement militant au
sens citoyen.
Le premier projet c’est donc de mobiliser
quelques bonnes volontés. On peut envisager
de nouvelles structures, ou tout simplement
prendre appui sur celles qui existent et qui
font preuve de dynamisme..
Si certains Kasbaoui acceptaient de donner
un peu de leur temps, une heure par mois
seulement…imaginez toutes les retombées
(économiques, sociales et culturelles).
Pour moi tout projet qui peut mobiliser les
forces vives de Ksiba présente de l’intérêt.
Les questions d’hygiène, de salubrité, les
questions économiques, les questions
culturelles et d’accès au savoir…
Le chantier est énorme et
il y’a place pour tous les acteurs. Les
cadres de Ksiba, sans doute plus que les
autres, ont une responsabilité indéniable.
De même que tous ceux qui
résident et travaillent à l’étranger, nous
avons notre part de responsabilité.
Question : L’avenir rayonnant et le
développement de Ksiba, à votre avis,
dépendent de qui et de quoi ?
Réponse :
L’avenir dépend de tous les acteurs
concernés par la ville. Chacun peut
contribuer à sa mesure. Les uns peuvent
apporter leurs réseaux, les autres mobiliser
des moyens financiers et les autres donner
de leur temps.
C’est une question de prise de conscience de
l’intérêt général. Il manque des meneurs,
des coachs, des bonnes volontés, des gens
qui y croient et qui n’attendent rien en
retour pour leur propre gouverne.
Nous attendons tous beaucoup du président,
et c’est normal, mais le conseil municipal
c’est un collectif d’intérêts. Il suffit que
la moitié du conseil s’engage réellement à
agir et à soutenir et relayer le travail du
président pour que les choses avancent.
On ne peut pas tout
attendre d’un seul homme. Chacun doit tenir
son rôle d’acteur, et sortir de cette
passivité et de ces comportements critiques
peu constructifs.
Parmi les enfants de
Ksiba il y’a bien des managers, des
animateurs, des meneurs d’hommes…Pourquoi ne
pas les réunir cet été, par exemple pour
envisager des projets, initier une
dynamique, et mettre en place des structures
supports.
Pour commencer pourquoi
ne pas demander, pour ceux qui habitent hors
de Ksiba, de choisir un représentant de
chaque ville qui aura en charge la
mobilisation des autres Kasbaoui qui ont
émigrés vers d’autres régions au Maroc et ou
en France.
Combien de femmes et
d’hommes originaires de Ksiba travaillent en
France ? Et si on leur demandait seulement,
pour commencer, une contribution symbolique
de 15 € par trimestre, ou par mois….
Cette contribution peut
financer de l’ingénierie de projets. Et si
suite à cela des idées pertinentes émergent,
pourquoi ne pas instaurer un système de
coopérative, avec cotisation, intéressement…
Plusieurs pays d’Afrique
noire ont adopté ce système, et les
résultats sont a priori probants.
La crédibilité de notre président peut
servir de gage pour que cet argent serve à
produire et à développer une plus value
économique.
Question : Je sais très bien que vous
aimez Taghbalout ; voulez-vous nous dire ce
que ce site pourrait apporter à Ksiba ?
Réponse : Même si le site
est tombé en friche, il bénéficie encore
d’une situation géographique et écologique
extraordinaires, aux dires mêmes des
spécialistes, et pas seulement des
sentimentaux comme moi.
Une des idée développé
dans le projet de l’ADPEK, et qui est basée
sur le développement durable à partir d’un
vrai travail de fond sur la valorisation du
site ( le bâti, les végétaux…), doit être
soutenu.
On peut simultanément
travailler avec plusieurs acteurs, sur des
problématiques différentes mais de façon
transversale.
Mobiliser et sensibiliser
les acteurs locaux, former les jeunes,
développer des réponses touristiques ancrées
sur une approche culturelle locale.
Il ne faut pas attendre et regarder le train
passer à un moment où le pays fait le pari
de tripler les flux touristiques.
Au Maroc on n’a pas que
Marrakech et Ouarzazate, et les touristes ne
viennent pas tous pour les mêmes cartes
postales.
Nous avons un potentiel matériel et humain
qui permet à notre village de jouer un rôle
important dans ce domaine.
Il ne s’agit pas de créer
d’autres chambres d’hôtes, mais plus
d’envisager un projet qui puisse produire
des effets sur l’économie locale.
Question : Un dernier mot pour les
visiteurs du site, les Kasbaoui, les MRE.
Réponse : Il nous faut
profiter des possibilités offertes par les
nouvelles techniques de communication, pour
échanger, communiquer sans contraintes de
temps ni de frontières.
Omari a fait un travail
exemplaire en donnant la possibilité de ces
retrouvailles, et on ne peut que le
féliciter et l’encourager à continuer son
œuvre. Je le fais d’autant plus à l’aise que
je fais parti des visiteurs habituels et ce
depuis la création du site.
Cet outil mérite plus et
mieux. On doit l’utiliser d’avantage, pour
monter des projets et mener des actions qui
peuvent être coordonnées et gérées à
distance.
L’échange avec le
président via ce site me semble important à
maintenir et à développer. En tant que
Aksbaoui, même si je vis à l’étranger, j’ai
toujours du plaisir à suivre, même de très
loin ce qui se passe dans le village.
Propos recueillis par
Mustapha Abbassi
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