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Taghbalout-El Ksiba : Un centre d'estivage en destruction

Situé à 3 kilomètres de la commune d'El Ksiba et à quelque 45 km de la ville de Béni Mellal, Taghbalout est un centre d'estivage de renommée qui fait partie de la commune d'El Ksiba.
 

Jouissant d'un charme sublime et apprécié, à juste titre, par des caractéristiques ensorcelantes, il était un paradis de beauté et de fraîcheur et la destination privilégiée de milliers de visiteurs étrangers et nationaux dont des familles en grande majorité. Ainsi, tout le monde pensait que cette station estivale pittoresque, résolument prédestinée au tourisme vert, connaît rapidement un grand essor. Evidemment, ce centre niché en pleine Atlas, au bord de sources à eau calme et limpide, avait tout pour plaire et offrait également toutes les commodités d'un centre de vacances de standing et toute la panoplie d'un tourisme de montagne riche et diversifié (tourisme écologique, randonnées pédestres et équestres…). Sans oublier la proximité de la cité d'Aïn Asserdoun ou du lac de Bin El Widan. De façon que l'on croyait dur comme fer qu'il suffirait de quelques projets et d'un peu d'imagination pour que soient valorisés les multiples atouts de ce centre estival.

Tout le monde était convaincu que la programmation de certains projets ne manquerait pas de donner une réelle dimension au potentiel déjà existant de cette station. Justement, tout laissait croire que des infrastructures touristiques allaient être mises au service de la richesse naturelle de la région qui présente de nombreux points forts pour le développement d'une activité touristique rurale de prédilection et que la région de Tadla-Azilal a figuré parmi les premières régions du Maroc choisies par le ministère du Tourisme et de l'Artisanat, dans le cadre du programme de consolidation des Pays d'accueil touristiques et des produits du tourisme de niche. Et l'on espérait bien un véritable boom touristique avec l'annonce du fameux projet du géoparc ''M'goun''. Disons simplement qu'on rêvait... Et que le rêve était si beau. Mais l'éveil était amer et si l'on de refaire aux analyses des observateurs et aux projets officiels, on peut dire que la question de la mauvaise gestion communale a constitué, sans aucun doute, un handicap.
En plus de ce problème, on retient d'autres facteurs importants. On pense surtout au manque et à l'absence d'une politique de promotion fiable.

Mieux encore, la commune qui a un fort potentiel riche en ressources naturels n'a jamais pensé à un projet assurant le tourisme rural. Pis encore, au niveau même du centre d'El Ksiba, on déplore un état d'hygiène et de propreté digne de la réputation de ce beau centre estival. Autres points négatifs: ni le centre de Taghbalout, encore plus la totalité des quartiers du village d'El Ksiba n'ont ne disposent du réseau d'assainissement liquide puisque les habitants sont contraints à se contenter de fosses... (les eaux usées envahissent les impasses, les rues..). Tant l'indifférence bat son plein chez les gérants de la commune et des autorités locales. Ne comprennent-ils pas que les sources et les zones vertes et boisées sont dans l'ensemble des ressources qui font l'originalité de Taghbalout et d' El Ksiba notamment sur le plan touristique ? Le calvaire dure depuis des dizaines d'années sans que personne ne s'en soucie. Mais ce qui inquiète encore le plus, c'est que ce centre commence à perdre progressivement ses différents atouts et tout ce qui faisait autrefois son charme et son originalité et ce ne sont pas les exemples qui manquent. A commencer par cette belle forêt de cèdres qui était considérée comme l'un des symboles du coin paisible et verdoyant de cette station et ou se retrouvaient, le printemps comme l'été, des milliers de visiteurs venus de la région et d'ailleurs.

Depuis des années, et à la surprise générale, des bâtisses furent construites, alors que cette zone était perçue comme un élément capital du patrimoine naturel de la station vu qu'elle ne pourrait être que du domaine forestier.
La modeste infrastructure d'accueil qui existait (cabanes, piscine, centres d'accueil, des colonies de vacances…) a, de son côté, perdu toute sa dimension authentique pour devenir ainsi de simples ruines sans âme qui vous pincent le cœur. C'est admettre également la responsabilité du Centre régional d'investissement ainsi que du fameux Conseil régional du tourisme ''qui ne fait plus long feu'' depuis l'élection de son staff de gestion, pour redonner du souffle au secteur du tourisme dans la région. La responsabilité reste ainsi partagée concernant un tel centre d'estivage. Alors qu'avec un peu de sérieux et de bonne volonté de part et d'autre, on aurait dû songer à la réalisation d'un programme de réhabilitation de ce site, avec des restaurants, des cafés, des parcs de jeux pour enfants et autres espaces publics de qualité. Or, aujourd'hui, ce centre est en train de rendre l'âme lentement et sûrement puisqu'on a rien fait pour attirer les investisseurs. D'un autre côté, ce centre commence à se libérer de son cachet architectural, l'une de ses spécifiés, en raison d'une urbanisation mal conçue et mal menée.
Certains observateurs relèvent d'ailleurs que plusieurs constructions sont faites sans autorisation ou ne respectent guère les normes et donc elles sont anarchiques.
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Arbres d'alignement

En somme, on peut dire que le problème de Taghbalout et de tout le centre d'El Ksiba, comme le soulève un habitant averti, est avant tout un problème de réflexion et de sensibilités politiques.

Cet architecte de profession nous révèle également le problème de l'urbanisme à El Ksiba et un peu partout dans la région. et que Les décideurs semblent passer à côté du code de l'urbanisme : les dysfonctionnements manifestes affectent le tissu urbanistique à travers tous les autres centres de la région, pour ne citer, dit-il, que le plus triste scandale que connaît aujourd'hui le piémont de la montagne, au niveau du centre urbain de Béni Mellal, plus précisément dans la zone dite «Ourbii» soumise à une forte pression à cause d'une urbanisation outrancière et d'une avancée de béton apparemment mal contrôlée, en plus de l'autre phénomène quasi-quotidien qui prend de l'ampleur, à savoir la destruction «des arbres d'alignement» dans la cité d'Ain Asserdoun

 

Source : Le matin : 18/03/2009

 
 
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